Schubert, Mein Traum, manuscrit, 3 juillet 1822

 

« Maintes et maintes années, je chantais des chants. Sitôt que je voulais chanter l’amour, il se transformait en souffrance, et lorsque je voulais chanter à nouveau la souffrance, elle se transformait en amour. Ainsi me déchiraient l’amour et la souffrance. »   

« Lieder sang ich nun lange lange Jahre. Wollte ich Liebe singen, ward sie mir zum Schmerz. Und wollte ich wieder Schmerz nur singen, ward er mir zur Liebe. So zerteilten mich die Liebe und der Schmerz. »

WINTERREISE / VOYAGE D'HIVER

Belinda Kunz & Jean-Dominique Burroni

 

Enregistrement Septembre 2021

Les Disques du Solstice

Création scénographie 2021-22

Forme jeune public 2023

photo Lisa Lesourd

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Coming soon...

 

L'enregistrement, prévu pour septembre 2021 pour le label Solstice, sera le début d'un projet au long cours.

Il sera suivi d'une création scénographique, permettant de partager le cycle de Schubert avec un plus large public, non versé dans le genre de la mélodie, et non nécessairement germanophone.

À l'étude également, une forme jeune public du Voyage d'Hiver.

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Note d'intention

Par sa beauté sombre, empreinte en même temps d’une lumière et d’une tendresse toute particulière, par son caractère si radicalement dénudé et son intensité dramatique, le Voyage d’Hiver de Franz Schubert n’en finit pas de nous interpeller. Pour ses interprètes, c’est un objet de désir et de fascination, une épreuve au sens noble, un rite de passage, une porte qui s’ouvre vers quelque chose de tout à fait particulier, à la limite de l’indicible.
Beaucoup voient dans ce cycle l’expression d’un désespoir absolu. Quant à moi, c’est tout autre chose que je ressens. Winterreise est bien le récit d’une douleur profonde et d’un voyage aux confins de la folie. Livré à lui-même dans une solitude enneigée, avec pour seuls compagnons les bêtes sauvages et les corneilles, perdu dans ses souvenirs et ses visions, l’éternel voyageur se rêve en vieillard et désire la mort. Et pourtant. Par une métamorphose presque imperceptible, c’est bien en amour que la douleur semble se changer.
Car bien qu’exprimant la douleur la plus poignante, le cycle de Schubert apporte une forme d’extase pleine de lumière. « Maintes et maintes années, je chantais des chants. Sitôt que je voulais chanter l’amour, il se transformait en souffrance, et lorsque je voulais chanter à nouveau la souffrance, elle se transformait en amour. Ainsi me déchiraient l’amour et la souffrance », écrit Schubert dans « Mein Traum ».
Quelle extraordinaire palette que celle qu’offre Winterreise ! Derrière les accents de révolte et de rage envers les quelques personnages humains qui se dessinent aux abords des villes et que nous quittons bien vite, derrière la sombre ironie avec laquelle sont évoqués les « dormeurs », qui sont aussi ceux qui se moquent, qui n’écoutent pas, derrière l’auto-dérision qui transparaît par moments et le sentiment de ne pas avoir de place en ce monde, il y a je crois un appel à une forme d’amour supérieur, à la fraternité. Comme si nous avions affaire à un immense amour qui ne sait pas quoi faire de lui-même. En effet, chanter la douleur, n’est-ce pas déjà appeler à autre chose qu’elle ?
Au fond, le Voyage d’Hiver est le récit d’une solitude qui n’en est pas une. Cet hiver, c’est peut-être aussi l’image d’une extrême introspection, d’un voyage au plus profond de soi-même. Dans la blancheur du paysage et l’apparente monotonie de la marche, au rythme de la respiration et au bruit du silence, de l’air et des nuages qui passent, sourdent les plus subtiles variations d’états. En plongeant ainsi en nous-mêmes, nous ressentons un peu plus fortement ce qui nous unit tous.
Quand commence le cycle, les quelques évènements évoqués, un départ, une aimée qui abandonne l’éternel étranger, sont déjà passés. Très vite, le voyage se perd dans le récit d’une contemplation métaphysique. Le voyageur cherche sa propre image partout dans la nature, comme s’il tentait de tracer les contours de ce qu’il ressent. Plus on avance dans le cycle, plus on perd la notion du temps, pour ne plus se mouvoir que dans un paysage mental très caractérisé. Y pénétrer, y avancer, c’est comme marcher sur un fil, toujours découvrir de nouvelles inflexions. Le Voyage d’Hiver est une initiation. Et s’il est une communion qui en ressort, c’est bien aussi celle de la musique. Ne fait-elle pas, en elle-même, mentir cette solitude infinie ?
Belinda Kunz

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JEAN-DOMINIQUE BURRONI, PIANISTE

Récitaliste et concertiste dès son plus jeune âge, il accompagne entre autres Maxime Tholance, Robert Fontaine, Alexandrina Miltcheva, Jean-Luc Chaignaud et plus récemment, le clarinettiste solo de l’orchestre de l’Opéra, Philippe Cuper. Il entre à l’Opéra de Paris en 1983 comme pianiste et Chef de chant. À partir de 1994 il est également Chef assistant pour Maurizio Benini, Serge Baudo, Ivan Fischer, Jeffrey Tate, James Conlon, Gary Bertini, Ivelino Pido, Armin Jordan… puis, à partir de 2005, Chef de la Musique de Scène. Il travaille à l’Opéra de Paris avec les chefs les plus prestigieux (Seiji Ozawa, Georges Prêtre, Alain Lombard, Jeffrey Tate, William Christie, John Pritchard, Myung Wung Chung, Armin Jordan…) et les grands chanteurs internationaux tout en continuant à l’extérieur sa carrière de pianiste et de chef d’orchestre. Il participe également en tant que soliste aux productions de l’Opéra (Stradella de César Franck, Le Tour d’Ecrou de Britten et Un Re in Ascolto de Berio). Il y participe aussi régulièrement à des récitals ou à des concerts de musique de chambre.

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LES DISQUES DU SOLSTICE

Depuis maintenant plus de quarante-cinq ans, contre vents et marées, François et Yvette Carbou - leurs fondateurs-animateurs - n’ont pas nourri d’autre ambition que de conjuguer au fil de leurs productions, rareté et qualité - celle des œuvres comme de leurs interprètes. Implantés dans les vignes de Sigean, au pied des Corbières, les Disques FY et du Solstice comptent quelque 200 titres à leur catalogue mais n’en demeurent pas moins une structure à vocation artisanale. Commencée à la tribune de l’orgue de Notre-Dame de Paris, avec l’appui et le concours du grand Pierre Cochereau, (qui fut leur premier artiste... et leur témoin de mariage !), leur aventure les a conduits à recueillir le testament musical de la pianiste Yvonne Lefébure et à initier la trop brève carrière du haute-contre Henri Ledroit. Ce triple parrainage de l’orgue, du piano et de la voix les a guidés dans leurs orientations ultérieures - lesquelles, plus tard, se sont également portées vers le clavecin, la musique de chambre et, en quelques occasions, vers l’orchestre et les choeurs - avec une prédilection particulière pour la musique française et les inédits. C’est ainsi qu’ils ont offert aux discophiles nombre de premières mondiales et révélé à maintes reprises des compositeurs injustement méconnus.

Site internet

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